Les "vrais" pharmaciens des E. Leclerc bretons font un rappel à l’Ordre !

77% des Français favorables à la mise en concurrence du prix des médicaments sans ordannance !


Plus de 87 000 signataires pour la pétition sesoignermoinscher.com


Droit de réponse au Syndicat des Pharmaciens de Bretagne - Article du Télégramme du 05/02/2013

C’est Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, qui a ouvert la brèche avec son texte visant à autoriser la vente en ligne des *médicaments dits OTC (over the counter – produit de comptoir).

Un premier pas vers la libéralisation du marché qui permettrait aux pharmaciens de mettre en vente sur internet, les médicaments non remboursés et délivrés sans ordonnance, déjà présents dans leurs officines. Alors quid de la revendication de l’enseigne E. Leclerc qui souhaite que ces mêmes produits soient désormais en vente dans les parapharmacies et délivrés par des professionnels de santé ?

La réponse semble s’induire d’elle-même et pourtant la guilde des pharmaciens n’est pas de cet avis. Gare au lobby !

 

D’un côté, il y a la tendance vers une harmonisation de la règlementation européenne avec la vente en ligne des produits d’automédication, qui remporte mollement l’adhésion des laboratoires et des officines contraints d’accepter l’inéluctable libéralisation du marché (tout en redoutant le début de la fin d’un monopole). De l’autre, il y a des pharmaciens diplômés et compétents, souvent aguerris en aromathérapie, phytothérapie et autres médecines naturelles (parfois peu développées en officines), prodiguant des conseils à une clientèle de plus en plus fidèle et nombreuse, qui attendent légitimement l’autorisation de proposer également à la vente, les médicaments délivrés sans ordonnance et ainsi stimuler l’effet concurrence et la compétitivité des prix.

 

Un face à face qui ne saurait aboutir sur une décision contradictoire… Et pourtant, la Profession des pharmaciens est en Ordre de marche pour tenter de boucher la voie de la libéralisation.

Pharmacien ou pharmacien : ce qu’aurait oublié wikipédia…

" Ce ne sont pas de vrais pharmaciens. Ils ont certes fait des études de pharmacie mais ils ne sont pas inscrits à l’Ordre. Ils ne peuvent donc se prévaloir de leur qualité de pharmacien". On croirait lire une nouvelle version du fameux sketch des Inconnus sur la définition des vrais chasseurs… Une vérité corporatiste qui est pourtant énoncée avec sérieux par la Présidente du Syndicat des pharmaciens de Bretagne, pour haranguer l’opinion publique dans les colonnes du Télégramme.

Et cette différence de traitement fait sourire parmi les professionnel(le)s des parapharmacies E. Leclerc bretonnes de la Scarmor, car il s’agit surtout d’une question de case !

"Nous sommes tous Docteur en pharmacie dans notre profession. Un seul et même diplôme pour tout le monde, c’est le meilleur garant de nos compétences", explique Stéphane responsable d’une parapharmacie E. Leclerc dans le Finistère. "L’Ordre des pharmaciens ne nous reconnaît pas en tant que tel, seulement parce que nous travaillons en parapharmacie et que cette catégorie n’est pas inscrite dans leurs tableaux. Mais pour la majorité d’entre nous, nous avons commencé dans le sérail de la pharmacie traditionnelle et étions alors officiellement leurs pairs".

 

"Une insulte pour la profession et pour les consommateurs"

Petit sondage dans le réseau des E. Leclerc bretons. Tous, sauf quelques jeunes diplômés qui ont décroché directement leur premier poste dans l’enseigne E. Leclerc, étaient préalablement en poste dans des pharmacies, inscrites dans le fameux tableau de l’Ordre et donc reconnus par la guilde. A la parapharmacie de Gouesnou, le responsable a travaillé dans une pharmacie d’hôpital, à Concarneau, c’est une ancienne chercheuse en industrie pharmaceutique qui prodigue ses bons conseils, tout comme le responsable de la parapharmacie de Pont l’Abbé. Et une fois dans le réseau, ils doivent tous suivre une formation continue spécialisée et obligatoire pour les pharmaciens et les préparateurs.

 

"Cette distinction corporatiste est insultante pour tous les professionnels de notre réseau, mais aussi pour les consommateurs qui fréquentent les deux circuits et apprécient tout autant nos compétences que celles de nos pairs. J’ai travaillé pendant 5 ans comme pharmacienne dans une officine où j’étais associée à des pharmaciens de l’ancienne génération. Ils n’étaient pas convaincus par toutes les médecines naturelles et moi cela me passionnait. Je ne pouvais pas répondre aux conditions d’emprunts très lourdes pour des jeunes qui veulent ouvrir leur propre commerce, alors j’ai postulé à la parapharmacie de Landerneau pour développer notamment ce secteur".

Audrey, Docteur en pharmacie qui exerce désormais au Leclerc landernéen, considère que ce discours défendu dans la presse est néfaste pour la profession et la clientèle. Elle rappelle que les pharmaciens d'officines sont des commerçants aguerris qui savent pratiquer des marges très profitables, justement sur les médicaments non remboursés, dont les prix ne sont figés par aucune règlementation.

 

Les dessous de l’histoire : des comptes d’apothicaire

Alors quand on sait que l'ensemble des médicaments vendus sans ordonnance, représente plus de 2 milliards d’euros, soit un tiers des dépenses de médicaments des consommateurs, on comprend mieux la différence qui existe en effet actuellement entre les pharmaciens de l’Ordre et les pharmaciens E. Leclerc ! Un effet secondaire de la réforme qui justifie assurément un tel haro sur une partie de la profession…

 

Quant à l’argument du diplôme ou de l’inscription à l’Ordre, rappelons également qu’il y a encore 30 ans, les choses étaient à l’inverse. Le diplôme de pharmacien n’était pas requis pour ouvrir une officine, mais le fait même d’en devenir gérant, vous permettait la reconnaissance de l’Ordre des pharmaciens ! Nous n’aurons pas ici l’outrecuidance de nous interroger sur l’âge de Mesdames Caro et Deguillaume du Syndicat des Pharmaciens … car comme nous l’avons dit, pour un "pharmacien E. Leclerc", ce qui compte avant tout, ce sont les compétences, la formation continue, la connaissance du métier, le suivi des évolutions du marché et des besoins des consommateurs.

 

*L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé définit la liste des médicaments qui peuvent être présentés en accès direct dans les pharmacies selon des critères choisis pour garantir la sécurité sanitaire et la sécurité des patients. Cette liste est mise à jour régulièrement.

 


Écrire commentaire

Commentaires : 15
  • #1

    jEAN CLAUDE (mardi, 12 février 2013 14:16)

    Je suis totalement d'accord avec le droit de ventes de médicaments dans la règle déontologique de la Loi
    L'ouverture aux PHARMACIENS doit permettre, comme pour les médicaments nons remboursés par la Sécurité Sociale , de vendre de tels produits.
    Je signale tout de même que de plus en plus, dans les pharmacies ou officines, ce sont des employés ( non agréés pharmaciens ) qui délivrent des produits pharmaceutiques ( certes sous le regard du pharmacien mais pas toujours présent)
    La boite de pandor a été ouverte volontairement par le pouvoir en place ...donc il faut aller jusqu'au bout.
    Ancien Administrateur Sécurité Sociale

  • #2

    Nicolas (vendredi, 03 octobre 2014 01:14)

    Jean-Claude, ancien administrateur Sécurité Sociale, vous avez bien fait de rendre votre tablier.

    Votre argumentation est naïve et un rien absurde :

    "La boite de pandore a été ouverte volontairement par le pouvoir en place ...donc il faut aller jusqu'au bout."

    Heureusement que dès que le gouvernement fait une connerie - c'est à dire à chaque fois ou presque - les intéressés ne réagissent pas aussi mollement...

    Quant au petit couplet : " Je signale tout de même que de plus en plus, dans les pharmacies ou officines, ce sont des employés (non agréés pharmaciens) qui délivrent des produits pharmaceutiques (certes sous le regard du pharmacien mais pas toujours présent)", il fleure surtout la nostalgie vichyste. Je tiens à vous signaler que mon voisin est juif (certes il est gentil mais parfois il s'énerve).

    Jean-Claude, plutôt que tenter d'imposer un point de vue, pourquoi ne pas éclairer le débat en posant quelques questions simples :
    - Leclerc et consorts sont-ils des philanthropes ?
    - En vendant des médicaments cherchent-ils le bien des patients ou une nouvelle source de profit ? (rire la réponse est un peu dans la question...)
    - Le marché US du médicament et de la santé en général est-il un exemple ?
    - La gestion RH des salariés chez Leclerc et consorts est-elle un modèle ?
    - Capitalisme et Santé sont-ils compatibles ?
    - etc.

    Nicolas
    Citoyen et contribuable

  • #3

    Laurent Masquelier (dimanche, 05 octobre 2014 03:42)

    Quel tissu de conneries! Le diplome de pharmacien a toujours été requis pour l'ouverture d'une pharmacie!
    J'espère bien que ce message ne sera pas censuré pour montrer aux consommateurs votre méconnaissance du métier et des attentes des patients!
    Un pharmacien diplômé dont les compétences, la formation continue, la connaissance du métier, celle de ses patients et les évolutions de leur besoin n'envient pas celle de vos pharmaciens!

  • #4

    Pharma (dimanche, 05 octobre 2014 09:48)

    En fait c'est simple, la protection des patients est assurée par cette règle ;
    La délivrance des médicaments doit se faire par un pharmacien dans une pharmacie qui a accès à son dossier pharmaceutique (entre autre), ça ne coute pas plus cher au consommateur et au moins il a la garantie d'une délivrance dans les règles de l'art.
    Si vos sous disant pharmaciens, si peu nombreux qu'ils soient veulent délivrer des médicaments et bien qu'ils le fassent ; ils n'on qu'à partir de vos supermarché pour faire leur vrai métier, on ne va pas faire tourner le monde à l'envers pour augmenter vos bénéfices au détriment de la santé des gens ....

  • #5

    nicole (dimanche, 05 octobre 2014 12:29)

    vos pharmaciens n ont aucune competences sur les medicaments,la recherche ou la gestion de la reserve hospitaliere sont lors des etudes des filieres bien differentes de l officine .il ne s agit pas de remettre en cause leurs competences, mais celles dans la fonction que vous leur attibué.

  • #6

    Yvan (lundi, 06 octobre 2014 12:33)

    je ne vois pas la différence entre un pharmacien "d'officine" et un pharmacien de "parapharmacie"...
    dire que les seconds sont inférieurs aux premiers ne repose sur rien
    dire que les premiers seraient des philanthropes et pas les seconds est une caricature
    ils ont tous la même fierté de leur métier et ont tous droit au même respect
    une chose est certaine: les seconds ont le courage de regarder vers l'avenir et d'en être acteur
    les premiers se contentent de s'accrocher à leur monopole anachronique

  • #7

    Marie-Anne (lundi, 06 octobre 2014 15:14)

    Mesdames et messieurs les pharmaciens d'officine, il y a 25ans vous ne vouliez pas des parapharmacies...elles ont bel et bien existé!
    Puis vous avez voulu conserver l'exclusité de la vente de certaines marques de vos "partenaires historiques" de la pharmacie....mais les marques AVENE et LA ROCHE POSAY ont été contraintes , en justice, de venir en para!
    Aujourd'hui vous défendez votre monopole sur les médicaments vendus sans ordonnance...mais vous savez bien que le combat est perdu d'avance!
    Ramer à contre-courant est épuisant...et le courant actuel va vers la libéralisation des médicaments OTC en France, comme dans tant d'autres pays.
    Reste à savoir quand et selon quelles modalités. C'est seulement là que se situe le débat.
    Marie-Anne, un pharmacien "de parapharmacie".

  • #8

    Nathalie (lundi, 06 octobre 2014 16:40)

    Bonjour,
    ça se déchaine par ici !
    Mon avis : un pharmacien est un pharmacien, peu importe dans quelle structure il travaille, ils ont eu la même formation. Généralement celle de pharmacien d'officine pour ceux qui travaillent dans le "commerce" (quel méchant mot pour les "vrais" pharmaciens !).
    Yvan a raison, personne n'est philanthrope dans la partie...
    Pour ce qui est du traitement social des employés de chez Leclerc, ils sont tous indépendants et le personnel est donc traité différemment d'un magasin à un autre, comme d'une pharmacie à une autre mais avec un point commun : donner à leurs salariés 25% de leur résultat avant impôts. Qu'en est-il des pharmacies ?

  • #9

    christophe (lundi, 06 octobre 2014 17:12)

    Bonjour,
    Il me semble que les pharmaciens des para leclerc ont les mêmes diplômes que les pharmaciens des officines, non? Pourquoi seraient ils incompétents pour vendre du Doliprane ? Quel mépris et quelle suffisance de cette profession pour les siens! Je pense que donner la possibilité aux para de vendre les médicaments sans ordonnance fera baisser les prix et le conseil sera tout aussi qualitatif quoi qu on en dise! Je ne suis pas contre les pharmaciens des officines mais en faveur d'une ouverture du marché (déjà le cas dans de nombreux pays européens). Je comprends cette profession qui s'arc-boute sur ces privilèges mais les temps changent...le consommateur le demande, le mouvement est inéluctable....Vive la concurrence!!

  • #10

    jean louis (lundi, 06 octobre 2014 17:24)

    bonjour,
    ma petite experience d'expat...
    J ai vécu pendant de nombreuses années aux Etats Unis et j'achetais mes médicaments en grande surface, il y a avait un pharmaciens sur place, du conseil et des prix compétitifs! les français ne vivent pas plus longtemps que les américains... l'exception française encore! dépoussiérons ce pays, vite ça sent le moisi.

  • #11

    tania (mardi, 07 octobre 2014 13:56)

    Jean louis tu devrais retourner aux USA si ça sent mauvais en france .Tu es peut etre payé par leclerc pour baver sur le meilleur systeme médical du monde certe couteux mais génial.
    Mel veut encore des parts de marcher pour ses 50 magasins qui vont détruire de l'emploie et du commerce de proximité( 22446 pharmacies en france au bas mot 100000 employés ) Edouard va t il embaucher autant de personnes lorsqu'il aura les médocs chez lui . Edouard va t il mettre en concurrence ses 50 magasins pour la guerre des prix ? NON
    Le meilleur exemple ce sont les Italiens qui viennent dans nos pharmacies de frontieres pour acheter en masse les médocs conseil qui sont chez eux en super marcher et beaucoup plus chers .
    DOnc les français vont encore engraisser le sauveur de l'humanité Edouard.

  • #12

    jean louis (mardi, 07 octobre 2014 16:06)

    Bonjour Tania,
    je ne suis ni anti ni un pro grande distribution. J 'essaye juste d'ouvrir le débat sans agressivité (ce qui n'est pas votre cas) . Je constate simplement quand je vais faire mes courses (au leclerc du relecq) que la para leclerc est pleine et que le consommateur a déjà fait son choix....j ai comparé une crême solaire Avène 50 à 19 euros dans une pharma pas loin et 14,8O à la para du relecq, vous faites quoi à ma place ? Je constate que notre déficit est de 2000 milliards, que nous n avons plus les moyens de supporter ce système de santé (je vous l accorde très bon) et que si chacun reste campé et figé sur ces positions ce sont les générations futures qui trinqueront. La maison brûle et on regarde ailleurs!! Je persiste et je signe la concurrence n'a jamais fait de mal. C'est l avis d'un citoyen français responsable.

  • #13

    Audrey (mardi, 07 octobre 2014 17:42)

    Bonjour Tania,
    je ne sais pas si tu es pharmacien mais quoiqu'il en soit tu as visiblement des problèmes d'orthographe.
    Ce qui est dommage dans la profession , c'est qu'en pleine crise économique, et malgré moultes ripostes , banderolles et manifestations bon nombre d'entre vous oublie un peu leur travail d'origine.
    ASSURER LA DELIVRANCE DU MEDICAMENT A LA POPULATION.
    Quid des pharmacies fermées le samedi à midi et qui ne rouvrent que le lundi à 14h, et qui assurent des gardes , croix éteinte,lumière éteinte et vous reçoivent avec le sentiment que vraiment on dérange.
    Je ne parlerai pas du manque de conseils. De la vente d'aspirine + ibuprofène qui ne fait plus peur à personne, du non-rappel des dosages, des prix où on sait que le phamacien a vulgairement collé une étiquette de prix sans se demander si en 2014 un coeff 2 sur un prix grossiste était raisonnable pour une mère de famille.
    Je suis phamacien chez Leclerc , mais quand je vous observe de loin dans vos officines , je comprends pourquoi vos croix sont éteintes depuis longtemps.

  • #14

    Gilles (mardi, 07 octobre 2014 17:58)

    Il n'est pour le moment question que de médicaments délivrés sans ordonnances
    alors il faut que les prix baissent c'est la loi de la concurrence il faut
    mettre un terme à tous ces monopoles alors on critique de suite Leclerc
    mais il faut savoir que toutes les marques d'hypers en profitent pour suivre
    le boulot produit par Edouard depuis le départ et tous les consommateurs en
    tire profit désormais ....

  • #15

    PSEE (vendredi, 10 octobre 2014 11:53)

    oui il est important ici de rappeler à tous qu'il n'est question que de libéraliser la vente de médicaments déjà délivrés sans ordonnance qui entre dans le cadre de la Prescription Médicale Facultative (PMF)et dont 400 références sont déjà en accès direct en pharmacie. Le groupe Leclerc compte 205 parapharmacies en France( et non 50) , et au moins autant de Docteurs en pharmacie responsables. Il continue comme d'autres enseignes de distribution qui ont également créé leur réseau de parapharmacies, à créer des emplois. Ne vous trompez pas Tania, la vraie menace pour l'emploi vient de l'internet et de la possibilité pour des sites parfois basés à l'étranger de vendre tous ces médicaments sans aucun conseil (et sans aucune contribution à notre pays dont vous chérissez à raison le système de protection sociale) La concurrence est donc déjà bien ouverte et en ce sens, le combat E.LECLERC est complètement légitime.